Point 1 de la déclaration
Élaborer de nouvelles politiques visant à promouvoir la conception et l'exploitation de navires plus silencieux dans le cadre de l'Organisation maritime internationale (OMI). Le bruit sous-marin lié au transport maritime est le principal contributeur à la pollution sonore de l’océan à l'échelle mondiale. Nous devons travailler ensemble au niveau de l'OMI pour tirer parti des progrès actuels et élaborer des politiques qui concrétisent notre vision d'une flotte maritime mondiale à la fois décarbonée et silencieuse.
Le transport maritime est un enjeu mondial et les effets de l'expansion du réseau de transport maritime sur la biodiversité doivent être traités à ce niveau par l'intermédiaire de l'Organisation maritime internationale (OMI) des Nations Unies.
En 2014, l'OMI a adopté ses premières lignes directrices à caractère volontaire pour la réduction du bruit sous-marin rayonné (URN) par les navires de commerce, visant à atténuer les impacts du bruit des navires sur la vie marine. Le manque de précisions techniques et la faible adoption de ces lignes directrices ont conduit l'OMI à les réviser en 2023 afin de fournir des connaissances techniques actualisées, englobant la conception des navires et les approches de modernisation, ainsi que les approches opérationnelles et de maintenance visant à réduire le bruit, telles que la réduction de la vitesse. Les directives relatives à la planification de la gestion de l’URN constituent également un élément clé des lignes directrices révisées, incitant l'industrie à surveiller, évaluer et atténuer les impacts sonores de sa flotte. L'OMI a également lancé une phase d'acquisition d'expérience (EBP) jusqu'à l'automne 2026 afin de tirer des enseignements de la mise en œuvre concrète des lignes directrices.
L'une des principales leçons tirées des lignes directrices précédentes était que les mesures volontaires ne suffisent pas à elles seules à réduire de manière significative et durable le bruit sous-marin. En réponse, l'OMI a adopté un plan d'action URN visant à faire progresser parallèlement les travaux politiques et techniques à court, moyen et long terme. Plusieurs mesures du plan soulignent l'intérêt de faire progresser conjointement les objectifs de l'Organisation en matière d'efficacité énergétique, de décarbonisation, d'encrassement biologique et de bruit sous-marin. À mesure que les flottes se renouvellent, l'alignement de ces priorités offre une opportunité unique de relever les défis environnementaux de manière holistique et économique ; de nombreuses mesures visant à réduire le bruit peuvent également diminuer la consommation de carburant et les émissions, générant ainsi des avantages connexes évidents pour le climat et la biodiversité.
Grâce à ces progrès, les États membres de l'OMI ont désormais une occasion unique de façonner la prochaine génération de politiques de l'Organisation, en transformant les recommandations volontaires en mesures efficaces qui permettront à la flotte mondiale de progresser vers la vision commune d'un secteur maritime à la fois sans émissions de carbone et silencieux.
Point 2 de la déclaration
Créer des aires marines protégées tenant en compte de la protection et de la restauration du paysage sonore naturel des océans. Nous nous engageons à assurer la protection effective d'au moins 30 % de l’océan mondial d’ici à 2030, et nous invitons et encourageons tous les États, les organisations internationales concernées et les instances multilatérales à prendre des mesures visant à réduire le bruit sous-marin généré par les activités humaines lors de la conception et de la mise en œuvre d'aires marines protégées et d'autres mesures efficaces de gestion par zone.
Le bruit sous-marin est souvent négligé en tant que facteur de pollution et est rarement pris en compte dans la délimitation et la gestion des aires marines protégées (AMP) et autres mesures de conservation efficaces par zone (AMCEZ). Il représente pourtant un facteur de stress majeurpour de nombreuses espèces marines, en particulier les mammifères marins. Le bruit d’origine humaine provenant des navires, des chantiers de construction, de l’exploitation d’activités industrielles, de la cartographie des fonds marins et d'autres activités peut masquer la communication, perturber le comportement alimentaire et reproductif, et chasser les espèces de leurs habitats clés.
L'intégration des considérations relatives au bruit sous-marin dans les AMP et les AMCEZ implique d'identifier et de minimiser les sources de bruit qui affectent l'environnement acoustique de ces sites. Cela peut inclure l'interdiction ou la restriction des activités génératrices de bruit présentant un risque élevé pour la faune marine, l'imposition de restrictions saisonnières lorsque les animaux sont les plus vulnérables, ou l'adoption de mesures d'atténuation des interférences sonores (par exemple, des rideaux à bulles), une exploitation des sources à moindre impact (par exemple, puissance réduite/vitesses plus lentes, cycles de fonctionnement réduits), l'utilisation de technologies alternatives (par exemple, des sources accordables) ou la concentration du bruit dans des zones à moindre impact (par exemple, déplacement des voies de circulation). La création de zones tampons acoustiques autour des zones protégées afin de réduire les impacts du bruit au sein de l'AMP et la priorisation de la protection des habitats naturellement calmes qui servent de refuges aux espèces sensibles au bruit constituent également des stratégies efficaces.
L'intégration de la gestion du bruit sous-marin dans la planification de la conservation doit intervenir dès le début, lors de l'identification et de la conception du site, afin que l'environnement acoustique soit évalué parallèlement aux autres critères écologiques et socio-économiques. Les études d'impact environnemental (EIE) constituent un outil de référence pour la gestion de ces risques. Elles sont recommandées par la Convention sur les espèces migratrices (CMS) et obligatoires pour les Parties au Traité sur la haute mer (BBNJ) lorsqu’elles proposent des activités susceptibles d'avoir un impact (ou pouvant avoir un impact) dans des zones situées au-delà de la juridiction nationale.
Point 3 de la déclaration
Rechercher et mettre en œuvre des solutions efficaces pour réduire l'impact des navires sur la faune et la flore sous-marine sensibles. Il existe de nombreuses mesures susceptibles de réduire les niveaux de bruit nuisibles dans l'océan, qui peuvent également avoir des effets bénéfiques plus larges sur l'environnement. Ces mesures peuvent inclure la réduction de la vitesse des navires, le déroutement, ainsi que des améliorations techniques ou opérationnelles, et leur efficacité peut varier en fonction des circonstances.
Les eaux côtières et littorales sont connues pour abriter des écosystèmes riches et diversifiés, et c’est également là que l'activité maritime est souvent la plus intense. Les navires de toutes tailles, des grands transporteurs commerciaux aux petits ferries, remorqueurs et bateaux de plaisance, génèrent un bruit sous-marin important. Dans les zones portuaires très fréquentées, ce bruit peut être constant. De plus, les eaux côtières sont des zones clés de chevauchement entre les navires et la faune marine, où le risque de collision entre les navires et les baleines, les dauphins ou d'autres grands animaux marins est plus élevé.
Un ensemble croissant d'outils et de mesures de gestion éprouvés permet de réduire les impacts du transport maritime sur les écosystèmes marins. Les programmes de réduction de la vitesse des navires comptent parmi les plus efficaces, car ils permettent de réduire simultanément le bruit sous-marin, le risque de collision et la consommation de carburant. D'autres mesures comprennent le réacheminement ou le déplacement des voies de navigation loin des habitats critiques, la désignation de zones de gestion saisonnières ou dynamiques, et l'incitation à adopter des conceptions de navires et des pratiques opérationnelles plus silencieuses. Lorsqu'elles sont appliquées de manière stratégique, ces approches offrent de multiples avantages environnementaux connexes : réduction des émissions, diminution du bruit sous-marin et protection des espèces vulnérables.
Point 4 de la déclaration
Soutenir le renforcement des capacités pour évaluer et réduire le bruit sous-marin en partageant les outils et les connaissances disponibles, y compris les outils actuellement développés par le partenariat GloNoise de l'OMI.
Des progrès techniques importants ont été réalisés pour mettre au point des outils et des lignes directrices destinés à faciliter l'évaluation et l'atténuation du bruit sous-marin, mais les capacités et les ressources nécessaires pour accéder à ces outils et les utiliser ne sont pas universelles. Il est donc essentiel de soutenir et de participer à des initiatives telles que le partenariat GloNoise du PNUD, du FEM et de l’OMI, qui aide les pays en développement à sensibiliser leurs populations, à renforcer leurs capacités, à définir des références et à promouvoir le dialogue politique international sur l'atténuation du bruit sous-marin causé par le transport maritime.
Toutes les sources de bruit sous-marin n'ont pas les mêmes implications pour la faune. Cependant, il existe des outils permettant de comprendre rapidement les principaux facteurs de bruit dans les zones importantes pour la faune, ainsi que les meilleurs outils à utiliser pour en réduire les impacts. Les pays peuvent faire beaucoup pour promouvoir des innovations et des approches opérationnelles qui rendent leurs eaux plus silencieuses,qui se concentrent sur les zones importantes pour l'écotourisme et qui soutiennent les peuples autochtones et les économies locales de subsistance. Le partage d'informations à l'échelle régionale et mondiale présente de nombreux avantages pour accélérer et encourager la mise en œuvre de conceptions et de méthodes opérationnelles plus silencieuses, adaptées aux zones confrontées à des problèmes communs de bruit océanique.
Des plateformes et des forums destinés à héberger les informations facilitant les décisions visant à réduire le bruit sous-marin se développent à l'échelle mondiale, soutenus par des initiatives en matière de mégadonnées. Ces ressources permettent aux professionnels du monde entier de comparer les résultats des recherches et des essais d'atténuation et d'envisager les mesures alternatives qui correspondent le mieux à leurs objectifs de protection, renforçant ainsi l'efficacité de notre travail collectif pour rendre l'océan plus silencieux.
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